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En 1956, Revel grelotte sous l'enfer blanc… (CL209)


Le Canal du Midi sous la neige - crédit photo : Pixabay© Larisa-K
Le Canal du Midi sous la neige - crédit photo : Pixabay© Larisa-K

On déplore, hélas, de trop nombreuses et grandes catastrophes naturelles qui sont des événements climatiques locaux ou à portée nationale, qui occasionnent plusieurs victimes ou des dégâts matériels exceptionnels et importants, marquant durablement la mémoire collective. La liste est longue mais certaines catastrophes climatiques se reproduisent souvent dans les mêmes pays et sont répertoriées principalement en :

- pluies torrentielles créant des crues et des inondations catastrophiques, glissements de terrain, éboulements

- tempêtes, séismes, tremblements de terre, tornades, tsunamis, ouragans, typhons, moussons, 

- canicules, sécheresses, incendies, 

- froid, gel, verglas, chutes de neige, avalanches.

Pour exemples récents marquants, en ce novembre 2018, les graves inondations dans l’Aude qui ont fait 14 morts et de nombreux dégâts matériels et les gigantesques incendies en Californie (87 décès, 196 disparus, plus de 6 500 habitations et 260 commerces détruits) nous laissent anéantis devant ces incommensurables sinistres humains et matériels (récent tsunami en Indonésie, 835 morts) !

L’importance de la vague de froid en février 1956 à Revel et en France - Je vais vous parler d’une catastrophe naturelle que les moins de 70 ans ne peuvent pas connaître... En ce temps là, février 1956, Revel, la France, l’Europe et le Maghreb grelottent sous une vague de froid record et exceptionnelle que l’on a qualifiée de froid sibérien, sans précédent ! Si certains peuvent se souvenir… d’autres ici vont découvrir l’importance et la persistance du froid qui a sévit durablement du mardi 31 janvier 1956  jusqu’au mercredi 29 février 1956, caractérisé par d’importantes chutes de neige et des records de froid provoquant du gel et d’importants sinistres humains, matériels et économiques, sans doute les plus importants du XXème siècle. Cet événement est exceptionnel à tous points de vue ; par sa durée : près d’un mois, par son intensité : avec des records de froids toujours inégalés et enfin par son étendue : car elle a affecté de nombreux pays. Mes parents m’en parlaient avec beaucoup d’émotion car ils ont été très marqués mais le temps passant, l’oubli s’est installé, sauf quand l’hiver devenait très rigoureux, redoutant alors de revivre les aléas et les dégâts de ces rudes conditions climatiques. 

L’origine du froid - Le 21 janvier 1956, un très puissant anticyclone (1055 hPa) s’était installé au sud du Groenland, et un autre (1040 hPa) en Sibérie ; au même moment, une dépression prononcée (moins de 960 hPa) s’activait en Norvège, et une autre plus faible (1005 hPa) sur la Méditerranée orientale. Il en résulta un important apport d’air arctique sur l’Europe, d’abord du Nord et de l’Est, puis de plus en plus vers le sud et l’ouest. La vague de froid avait commencé le 30 janvier 1956 sur la Pologne et le nord de l’Allemagne, l’anticyclone étant à 1045 hPa sur la Suède. En France, la vague de froid arriva le 1er février 1956 dans les régions du Nord-Est (Alsace, Ardennes) où l’on a relevé jusqu’à - 20 °C (alors que pendant ce temps, une température de - 28 °C était enregistrée à Moscou).

Arrivée du froid sur toute la France - La moyenne des températures a été de - 3,5 °C à Paris (- 7,2 °C la nuit et 0,3 °C la journée) avec un pic à - 14,7 °C. À Lyon, le froid s’est encore fait plus ressentir que dans la capitale, avec une moyenne de - 6,7 °C (- 10,7 °C la nuit et - 2,6 °C en journée) et un pic de - 21,4 °C. La Seine était recouverte par une banquise de glace de 3 mètres d’épaisseur !

Sur les bords de la mer Méditerranée, à Sète, on a relevé 5 journées où les températures étaient restées négatives toute la journée avec un pic à - 12 °C le matin du 10 février. Le 4 février, des précipitations accumulèrent entre 60 et 120 cm de neige en Normandie. À Bordeaux, à partir du 20 février de grosses chutes de neige se produisirent (environ 80 cm) et des bulldozers durent être employés pour dégager les rues.

On releva des températures extrêmement basses : - 32 °C à Sarreguemines, - 28 °C à Bretenoux, - 24,8 °C à Nancy, - 23,3 °C Le Puy, - 23,2 °C à Metz, - 22 °C à Agen, - 20 °C à Aix-en-Provence, - 19,2 °C à Toulouse où la Garonne et le Canal du Midi avaient gelé, - 16,8 °C à Marseille, où les fontaines du Parc Longchamp furent entièrement gelées, ainsi que l’étang de Berre et le Petit-Rhône, - 16,7 °C à Montpellier, - 15,2 °C à Bordeaux, où d’énormes chutes de neige survinrent fin février : 80 cm à Bordeaux, 1 mètre à Arcachon, - 12 °C à Saint-Raphaël, - 5 °C à Bastia. Record de températures inférieures à 0° en France le 2 février 1956.

Sur 30 stations métropolitaines, le 2 février 1956 fut une journée mémorable puisqu’elle a été la plus froide depuis 1947, avec -10° par rapport aux températures moyennes ! toute la France subit la vague de froid : il faisait −20 °C à Paris et la Seine fut entièrement gelée. Toutes les régions françaises furent concernées, avec environ 95 % des fleuves et rivière pris par l’embâcle. À Strasbourg, les 160 aiguillages de la gare de chemin de fer gelèrent.

L'hiver à Castelnaudary : l'ancienne place de Verdun et sa fontaine gelée - crédit photo : Couleur Média
L'hiver à Castelnaudary : l'ancienne place de Verdun et sa fontaine gelée - crédit photo : Couleur Média

Conséquences humaines dramatiques : de nombreux décès et sinistrés ! - Les conséquences sont dramatiques ; 170 victimes du froid en France en février 1956, et 701 dans toute l’Europe et de nombreux sinistrés mais en fin de mois, il est fait état de près de 1000 décès dans l’ensemble des pays touchés. 

La vie devenait particulièrement dure pour les nombreux sans-abri. Des soupes populaires ont été organisées ; l’abbé Pierre avait déjà alerté les pouvoirs publics sur le sort des personnes qui mouraient de froid au cœur même de la capitale en 1954, déjà très marquée par ce genre de catastrophe naturelle. Il a mené d’importantes actions pour aider les sans logis et son nom reste associé à son grand élan humaniste. Même si le plan grand froid n’existait pas encore les actions de solidarité se poursuivirent comme la «Bûche d’hiver», lancée en 1948 par «Sud Ouest», pour aider les familles les plus démunies à se chauffer. A partir de la mi-février, en certains lieux, on ne pouvait même plus creuser le sol pour enterrer les défunts !

Il ne faut pas oublier les dommages collatéraux sur les personnes les plus vulnérables et la liste des décès s’est allongée avec celle des personnes âgées fragiles touchées par la grippe, des asphyxies, des accidents dûs aux  plaques de verglas et lors du redoux, des avalanches mortelles,…

La Rigole, gelée aux Cammazes près de Revel, se confond avec le niveau de la route - Février 1985 - crédit photo : Jacques Albarel
La Rigole, gelée aux Cammazes près de Revel, se confond avec le niveau de la route - Février 1985 - crédit photo : Jacques Albarel

Innombrables conséquences matérielles et économiques - Axes routiers et activités économiques paralysées, rivières et fleuves gelés, des régions entières furent isolées, la circulation des biens et des personnes entravée, et des pans entiers de l’économie paralysés !!! Plus incroyable encore, la neige qui tombait en abondance gelait  très rapidement au contact du sol et des milliers de véhicules se sont retrouvés piégés par une épaisse couche de glace. Au total dans la région, on comptabilisa 25 à 28 jours de gels au cours de ce mois exceptionnel. Beaucoup d’écoles ont dû fermer surtout en zone rurale.

 

Le problème de l’eau - Une des préoccupations principales de la population, a été celle de l’approvisionnement en eau appauvri par des conduites d’eau explosées, celles enterrées à 40 cm arrivaient à geler, ce qui était pire pour celles sous sol à 60 cm... Toutes les fontaines des villes se pétrifiaient avec des températures largement négatives. Les maisons qui avaient encore de l’eau, ravitaillaient leurs voisins, la solidarité retrouvait toute ses fonctions. 

 

Il a fallu attendre le 26 février, pour le retour  à des températures plus clémentes et les services des eaux des villes ont été vite débordés !

 

Le problème de l’électricité - Des câbles et réseaux électriques endommagés par la neige et le gel ont provoqué des coupures engendrant des désagréments domestiques et la mise à l’arrêt de nombreuses entreprises entraînant un chômage technique important. Les gazomètres avaient aussi gelé, perturbant l’éclairage public.

Revel, la passerelle de la Rigole de la Plaine sous la neige - crédit photo : Gilbert Puginier
Revel, la passerelle de la Rigole de la Plaine sous la neige - crédit photo : Gilbert Puginier

Le problème des transports - Plus incroyable encore, la neige qui tombait en abondance se glaçait très rapidement au contact du sol et des milliers de véhicules se retrouvaient piégé par une épaisse couche de glace. Les transports routiers paralysés pendant de nombreux jours ne permettaient plus l’approvisionnement alimentaire surtout en zones rurales. S’ajoutant aux coupures électriques, ces pénuries des transports, de matériel et de matières premières endommagés ont aussi contribué au chômage technique de milliers d’entreprises. Tous les corps de métier du bâtiment, et bien d’autres restèrent paralysés pendant des semaines ! La plupart des lignes ferroviaires ne pouvaient être empruntées, encombrées par la neige ou le verglas, réduisant ou annulant considérablement le trafic des voyageurs et des marchandises. Les transports aériens et maritimes (ports gelés)  ne pouvaient plus  assurer leur fonction. Le 18 février, le froid piqua à nouveau, très dur ; on commença à manquer de charbon et de bois pour se chauffer et de légumes pour s’alimenter.

 

Immenses dégâts dans le monde agricole  - Le domaine agricole, céréales, vignes, cultures sous châssis, était sinistré à 90 %. Les cultures d’avoine, de blé et de colza furent très sévèrement endommagées ou parfois totalement détruites. Environ 80 % des vignes et 800 000 oliviers subirent le gel, parfois jusqu’aux racines. Dans l’ensemble de la Provence, on a estimé que 5 millions d’oliviers gelés ont dû être coupés.  A Arcachon, le désastre  s’installe dans les parcs à huîtres ; un vent glacial est-nord-est, soufflant en tempête, à près de 80 km/h, et emporte des centaines de milliers d’huîtres entre le Cap-Ferret et Piquey.

Les denrées alimentaires (notamment les légumes frais) étaient fortement détruites par la glace qui prenait le sol sur 1,50 m par endroit et mi-février on commença à manquer de légumes. Des troncs et les plus grosses branches des platanes éclatèrent, laissant de grandes cicatrices encore visibles de nos jours. 

La gerbe de St Ferréol bien encadrée par la neige remarquable en hauteur ! crédit photo : Jacques Albarel
La gerbe de St Ferréol bien encadrée par la neige remarquable en hauteur ! crédit photo : Jacques Albarel

Témoignages de la vie à Revel - On ne s’étonnera pas que 70 ans après, on se réfère encore à cet épisode. J’ai pu recueillir  dans le revélois, quelques témoignages de personnes ayant  vécu et  gardé des souvenirs de ce froid historique : « Oui, je m’en  souviens très bien, qu’est-ce qu’il faisait froid ! S’exclament-ils ! ». Comme l’ensemble de la France, et à parfois - 18 degrés, la vie des Revélois fut aussi intégralement touchée et chamboulée. Les conditions de vie de l’époque étaient rudimentaires : le manque de chauffage représentait une grave carence ! Beaucoup de maisons n’étaient équipées que d’une cheminée mais certaines disposaient d’une cuisinière ou d’un poêle à bois. Souvent les chambres n’étaient pas chauffées. Avant de se coucher, on mettait dans les lits une bouillotte, un « moine » ou un gros galet. 

Les rues étaient impraticables et la circulation figée. La nature aussi s’était arrêtée de vivre au sens propre comme au sens figuré : les oiseaux mouraient de froid ; tombés au sol, ils devenaient durs et ils ne pouvaient être récupérés pour les consommer et on voyait même des animaux sauvages se réfugier auprès des habitations.

La glace entrait dans les maisons et laissait sur les vitres des traces en forme de feuilles. Les abreuvoirs pour les bêtes devenaient inutilisables et il fallait faire chauffer de l’eau pour les alimenter mais sitôt dehors l’emprise du gel s’effectuait rapidement, le foin manquait. Les poireaux nécessitaient un arrosage à l’eau chaude pour les retirer du sol gelé. Comme l’eau, le vin ne résistait pas au gel à - 9°.

Le lac de Saint-Ferréol pris par la glace était devenu une banquise et certains n’hésitaient pas à faire du patinage ou à se promener dessus. On me rapporte qu’un automobiliste intrépide avait roulé avec sa 2 CV de la digue jusqu’à l’opposé du lac. Souvenir spectaculaire relaté par de nombreuses personnes ! Peu de familles détenaient  un appareil photo à cette époque ! La presse et les photographes devaient en posséder pour leur profession. Aussi peu de photos de particuliers pour illustrer ce document en 1956. 

Autres dates de records de froids - La nature est la plus forte et elle nous surprendra toujours de ses excès qui nous blessent. Certaines périodes de froid ont davantage marqué la mémoire soit par l’enneigement, les gelées, la durée et soit pour les sinistres en vies humaines ou économiques. Le grand froid a toujours sévi, en voici quelques dates marquantes mais la liste n’est pas exhaustive.

L’hiver 1879-1880. Débutant le 27 novembre 1879, une vague de froid durable a concerné la France : on releva souvent - 20 à - 25°C sur le nord-est et le centre de la France avec jusqu’à - 30°C localement entre le 8 et le 10 décembre dans l’extrême nord-est. L’hiver 1962-1963 a été remarquable par la persistance des grands froids pendant trois mois. Cet hiver est considéré comme L’un des plus rudes du XXe siècle avec 1956. Du 12 janvier au 6 février, les températures sont descendues jusqu’à - 30°C. 31 décembre 1978. Paris enregistre la chute la plus brutale du mercure. En 24 heures, la température passe de +11,8° à -10,3°. Ce fut l’un des réveillons les plus froids du siècle. La France a connu la plus grande panne d’électricité de son histoire. 1984-1985. Historique mois de janvier ! A Toulouse la Garonne et le canal gelèrent durant plusieurs jours. Il a fait - 18,6°C le 16 janvier. Pour protester contre ces basses températures dans les salles de classe, des professeurs du lycée professionnel de Pantin ont donné des cours… dans le métro ! Revel n’a pas été épargné et des témoins me signalent que ce froid a été particulièrement virulent et a duré 3 semaines, égalant presque 1956.
Du 8 au 23 janvier 1987. Cette vague de froid a été marquée par de nombreux épisodes neigeux.
1996-1997. les fêtes gâchées : alors qu’ils s’apprêtaient à fêter Noël, les Français ont vu le mercure plonger brutalement. Hiver 2005-2006. Pour le XXIe siècle, il figure aussi parmi les records. 2008-2009. La vague de froid, venue de Russie, débute au lendemain de Noël et va durer jusqu’au 13 janvier. 2010. La neige paralyse une grande partie de la France jusqu’à la mi-février. Février 2012. le vent et la neige, du Nord au Sud causent de nombreux décès. Le plus grand épisode de grand froid recensé au XXIe siècle s’est déroulé du 1er au 13 février 2012. Le 27 février 2018. Les autorités ont activé le plan Grand froid dans 68 départements à cause du phénomène «Moscou-Paris» et son froid intense, qui ont causé la mort de trois sans-abri. Cette météo extrême a perduré sur tout le pays, avec des températures polaires sur le Nord et l’Est et de la neige en plaine sur la Corse.

 

Lorsque l’on établit le triste bilan de ces catastrophes naturelles, causées par le froid, la neige et le verglas, on s’aperçoit qu’en vies humaines (on ne peut établir de statistiques officielles sur les décès), en souffrances physiques et morales, en désespoir, en dégâts agricoles, matériels et économiques importants, chaque hiver marque son passage de façon plus ou moins traumatisante ! Mais espérons que les prochains hivers n’atteindront pas les records de 1956,1963, 1985, et 2012 qui laissent les pires souvenirs de ces marasmes ! Même si nous sommes mieux armés, il existe toujours des troubles et des conséquences à ces intempéries !

Mise en place du plan Grand Froid

L’alerte Grand Froid est donnée en amont par Météo France en fonction de l’état et des prévisions des températures ressenties (compte-tenu des vents, de l’humidité…) au niveau national ou local.

L’état de vigilance Grand Froid est alors établi pour chaque département selon 4 couleurs possibles : -Vert (pas de vigilance particulière) -jaune, soyez vigilant  -Orange (soyez très vigilant) -Rouge, (vigilance absolue), ces informations étant reliées par les médias et la presse.

3 Niveaux Plans Grand Froid : c’est un dispositif interministériel qui s’applique nationalement ou par département en fonction du niveau de vigilance émis par Météo France pendant au moins 2 jours. Il comporte 3 niveaux :

- Le niveau 1 « Temps froid » est activé par le préfet de département dès que la température est positive en journée, mais tombe entre 0 et -5 degrés la nuit.

- Le niveau 2 « Grand froid » est mis en place par les préfectures dès que les températures sont négatives en journée et tombent entre -5 et -10 degrés la nuit.

- Le niveau 3 « Froid extrême » est lancé directement par la préfecture de police quand en plus du niveau 2, les températures tombent en dessous de -10 degrés la nuit.

 

Objectifs du Plan Grand Froid

Ce plan permet de «détecter, prévenir et limiter les effets sanitaires et sociaux liés aux températures hivernales» pour protéger les personnes les plus vulnérables face à la vague de froid, notamment les enfants, les personnes âgées ou présentant des pathologies à risque (cardiovasculaires, respiratoires, endocriniennes), les personnes travaillant en extérieur ou dans des locaux ouverts, les personnes sans domicile fixe ou vivant dans un logement insalubre.

Le Plan Grand Froid consiste aussi à informer via les médias tous les habitants visés par des risques de froid et des mesures de prévention nécessaires : sont spécialement visés le risque d’intoxication au monoxyde de carbone, le risque de traumatisme (lié à la neige et au verglas) et le risque de maladie infectieuse.

 

Quelles sont les mesures du Plan Grand Froid ?

En fonction du niveau d’alerte départemental et de la situation locale, plusieurs mesures du Plan Grand Froid peuvent être mises en œuvre :

- Renforcement des équipes du 115.

- Renforcement du SAMU social et des équipes mobiles (maraudes).

- Ouverture plus large des lieux d’accueil de jour (horaires élargis).

- Ouverture de places supplémentaires d’hébergement de nuit, voire de places exceptionnelles (gymnase, lieux publics...).

- Organisation des services hospitaliers et de toutes les structures de santé pour préparer l’accueil de personnes nécessitant des soins suite à la vague de froid (traumatismes dus aux chutes, hypothermies, complications de pathologies existantes, maladies hivernales, intoxications au monoxyde de carbone…).

- Cellule de crise : une cellule de crise est mise en place à la préfecture de région et toutes les équipes de maraudes, pédestres, véhiculées, nocturnes (Samu Social, associations...) sont renforcées pour aller à la rencontre de tous les publics. Derrière les chiffres, il y a des réalités humaines insupportables et des hommes qui restent à la rue. Concrètement, le nombre de maraudes assurées par les services de l’État passe de 6 à 10 par jour. Au Samu social, douze personnes supplémentaires se consacreront au traitement des signalements des sans-abri en détresse à Paris.

 

La prévention

Préparez l’équipement nécessaire (médicaments, papiers d’identité, lampe de poche...), détaillé dans le Guide de préparation aux situations d’urgence. Afin de prévenir les intoxications au monoxyde de carbone, vérifiez le bon état de marche de votre installation de chauffage, ne bouchez pas les aérations et en cas d’utilisation de groupes électrogènes, veillez à respecter les consignes d’utilisation et à les placer à l’extérieur du bâtiment. Il est recommandé de ne pas utiliser de chauffage d’appoint en continu. Faites-vous connaître auprès des services municipaux qui ont des équipes d’aide et de secours prêtes à vous venir en aide. Prévoyez de l’eau et des produits alimentaires ne nécessitant pas de cuisson (risque de gel des canalisations ou de coupure d’électricité).

 

Comment agir en cas de grands froids ?

En période de froid extrême, restez chez vous autant que possible et redoublez de prudence si vous devez absolument sortir.

Evitez de vous déplacer, à pied ou en voiture, particulièrement les enfants et les adultes de plus de 65 ans. Même en bonne santé, limitez les efforts physiques et les activités à l’extérieur. Le froid demande des efforts supplémentaires au corps, notamment au cœur. Nourrissez-vous convenablement ; ne consommez pas d’alcool : l’ébriété fait disparaître les signaux d’alerte liés au froid. Maintenez la température ambiante de votre domicile à un niveau convenable d’environ 19 degrés. Il faut être encore plus attentif avec les enfants et les personnes âgées qui ne disent pas quand ils ont froid.

Attention aussi à l’hypothermie (température inférieure à 35°C, somnolence, fatigue, baisse de la force musculaire, frissons et grelottements, pertes d’équilibre, maladresse…) ou aux gelures (décoloration de la peau, apparition de taches blanchâtres, sensation de douleur ou de brûlure puis d’engourdissement…).

En espérant que ces consignes vous aideront à mieux appréhender l’hiver !

 

www.gouvernement.fr/risques/grand-froid


À propos de l'auteur

Edith Grandchamps

PUBLICATION

Couleur Lauragais n°209